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Mais il est où le bonheur ?

Dernière mise à jour : 25 avr.

Ah le bonheur ?! Le  point d’exclamation que j'y mets ne pourrait-il pas être aussi plutôt un  point d’interrogation ? La voie du bonheur est piégée nous dit Thomas d’Ansembourg dans son livre « Etre heureux n'est pas nécessairement confortable ».


N'est-ce pas le mot lui-même qui est piégé? La quête du bonheur dans laquelle chacun peut vouloir se lancer, ne demande-t-elle pas d'abord d'identifier ce qu'il est, et où il pourrait être. À défaut ne risque-t-on pas de poursuivre une chimère. ? Et si le bonheur n'existait pas… ? Ou si le bonheur n'était pas vraiment ce que l'on pense qu'il est ? N'était pas là où on le cherche ? Voilà bien des questions, dont on pourrait penser, qu’elles sont des obstacles, des entraves à notre bonheur.


Faut-il n’y  voir qu'une chimère, une douce illusion, un mirage, ou est-il possible de déplacer le regard ou de savoir bien regarder où l'on met les pieds pour espérer contourner, dépasser les obstacles, déjouer, traverser les pièges ? En quoi le livre de Thomas d’Ansembourg,  « La communication consciente et non violente » comme  il aime à l'appeler, mais aussi d'autres maîtres de sagesse peuvent-ils nous aider ?


Comment la question «C'est où le bonheur ? »,  en induisant l'idée de chercher ici ou là, là ou ailleurs ne nous induit-elle pas pas en erreur?



Le bonheur, ce n'est pas la première fois que j'en parle ici. Voir« Les voi(e)x du bonheur » (2022) et « Et le bonheur ? »( 2021). Et j'y reviens à la lumière de cette idée avancée par Thomas d'Ansembourg que « Etre heureux n'est pas nécessairement confortable ». Tout simplement parce que on ne peut pas épuiser le sujet, tant la question peut nous tarauder, nous tirailler longtemps, sans que nous trouvions facilement de certitude. Et peut-être faut-il y revenir régulièrement, reconsidérer les choses à la lumière de l'expérience, revisiter les auteurs qui nous ont marqué, modernes et anciens. Je pense à André Comte Sponville et son livre « Le bonheur désespérément », et aux classiques stoïciens, philosophant de génération en génération sur « les biens et les maux »  mais aussi aux sagesses d'Orient qui rappellent que « le bonheur est déjà là ». Dans un premier article, déjà ancien, j'observais que, depuis le démarrage de ce blog en 2017, je n'avais pas encore évoqué cette question du bonheur de manière explicite, alors qu'elle en constitue d'une certaine manière le point focal. Je suivais alors, pas à pas, le philosophe André Comte Sponville qui dans une conférence « le bonheur désespérément », enseignait qu'il fallait sans doute renoncer à la quête du bonheur comme toujours projeté dans un futur espéré, pour trouver la véritable sérénité -y compris dans l'adversité de notre vie présente. Le bonheur comme chemin de vie du «  désespoir » , une pratique ardue sans doute, mais susceptible selon Spinoza aussi de nous livrer la « béatitude » (scolie de la proposition 42  Ethique V)

Dans un deuxième article, « les voi(e)x du bonheur », je critiquais la critique acide qui peut être faite de la littérature de ce que l'on appelle la psychologie positive, présentée comme alimentant l'idéologie néolibérale du «  développement personnel » , instrument d'une injonction à l'épanouissement individualiste. Je rappelais alors que cette quête du bonheur ne datait pas de cet âge moderne de l'idéal « néolibéral »,  mais plongeait ses racines dans les philosophies antiques qui pouvaient développer des voies concurrentes pour l'atteindre selon la définition qu'on pouvait en donner. Je m'interrogeais aussi alors sur la nécessaire recherche des raisons de ce développement incessant des différentes voie(x) préconisant des chemins variés pour atteindre le bonheur. Et j'invitais alors à un regard moins acerbe, moins critique, en prenant en considération la diversité des situations et des cheminements de ceux qui sont en recherche... Mais de quoi ? Comment tout cela peut-il les aider sur la juste compréhension du bonheur … et de ses pièges. C'est peut-être là que le livre de Thomas d'Ansembourg peut aider.

Bien souvent, la notion de bonheur est attachée à la notion de quiétude, de tranquillité ; et le constat récurrent que la vie n'est pas un long fleuve tranquille, l'expérience des tracas, pour le moins, des drames de la vie aussi, qui nous affectent au quotidien, ou à certains moments éprouvant, nous détache du bonheur. Alors il est repoussé à plus tard, posé devant nous comme une espérance, un état à atteindre, si possible lorsque tous les désordres de la vie seront résolus? Cela est-il possible seulement le temps de la vie ? Et sinon comment faire  ? De quels empêchements, pièges faut-il réussir à sortir pour connaître véritablement le bonheur dans la vie? Dès son premier chapitre Thomas d'Ansembourg nous rappelle « deux grands principes de fonctionnement de la vie » qui s’ils appartiennent aux héritages de sagesse de l'humanité, nous échappent parfois quand nous sommes pris dans le tourbillon même de la vie. Thomas d'Ansembourg  dit avoir mis pour sa part 45 ans à en prendre conscience. D'abord il y a « l'alternance » qui fait que la vie se présente dans sa structure même comme une succession de cycles de calme et d'agitation. Il y a aussi des saisons de la vie parfois chaotique, parfois douce, avec ses giboulées et ses rayons de soleil. Le froid et le chaud alternent selon des rythmes variables, imprévisibles. Un autre grand principe est celui de « l'apparence ». Nous ne voyons pas toujours suffisamment large, focalisés que nous sommes lors des moments de turbulence sur nos tristesses, nos peurs qu'ils engendrent. Ces affects nous empêchent de voir, de considérer à leur juste valeur d'autres parts, d'autres aspects plus positifs de notre vie à ces moments-là. Nous avons aussi alors le sentiment que tout est noir et qu'il en sera toujours ainsi, aveugle à cette réalité que cela passe, et qu'un désordre présent peut être bénéfique plus tard. Thomas d'Ansembourg rappelle un vieux compte chinois qui dit que l’on se sait jamais si des circonstances malheureuses ne vont pas apporter au final un bienfait, ni si celui-ci n’apportera pas plus tard l’occasion d’une épreuve, et cela sans que l’on sâche si une fin peut arriver…Le chemin du bonheur semble nécessiter de pouvoir intégrer à chaque instant ces deux principes, d'en être conscient ; ce qui n'empêche pas les vicissitudes inconfortables de la vie, mais permet de les considérer tout autrement.Voilà qui rejoint d'une certaine manière cette maxime stoïcienne nous rappelant que ce qui nous trouble ce ne sont pas les événements de la vie mais la manière dont nous avons de nous les représenter. Autrement dit nos malheurs ne sont pas véritablement extérieurs à nous. Nous en sommes largement des artisans par nos représentations. Une telle assertion peut apparaître brutale. On y lit parfois l'injonction à cultiver l'indifférence quant à ce qui nous arrive, alimentant l'idée d'une dureté impitoyable des stoïciens qui seraient dépourvus  de toute sensibilité. Peut-être là encore, peut-on voir les choses sous un autre angle, plus ouvert, plus prometteur. Si nous sommes ainsi responsables de nos malheurs, nous pouvons l'être tout autant alors de nos bonheurs. Observer et comprendre tous ces mécanismes, apparaît comme la porte pour accéder au bonheur qui serait déjà là pour reprendre l'expression du Gyalwang Drukpa qui en a fait le titre d'un de ses livres. On y reviendra plus loin. Ainsi résumées, les choses peuvent paraître abruptes, et l'on pourrait entendre une autre injonction douloureuse qui serait « Il faut  accepter  ou se contenter de son sort »...

Thomas d'Ansembourg développe alors cette idée - à l'aide d'exemples concrets accumulés au cours de son expérience de formateur et de  psychothérapeute -  que nous sommes bien souvent, par le fait même de notre éducation, victimes justement de ces injonctions qui au final se révèlent contradictoires. Peut-être avons-nous intériorisé dans notre jeunesse cette  « vérité »  ancestrale que « on n'est pas là pour rigoler » ; et en même temps de devoir  se conformer à ce principe que « il faut être heureux quand même avec ce que l'on a ». Du coup nous pouvons avoir le sentiment d'être pris en étau, dans cette impossibilité logique du «  bonheur interdit »  d'une part et du «  bonheur obligatoire » d'autre part. Dans ces ( faux) principes de vie qui nous sont transmis, souvent comme des moyens pour faire face, pour affronter la vie dont on comprend alors qu'elle doit être dure… On peut trouver d'autres injonctions contradictoires : « il faut être le meilleur » et « il ne faut pas se prendre pour le meilleur » ( il ne faut pas péter plus haut que son cul)… Ces injonctions contradictoires qui nous prennent en tenaille ouvrent  un  espace de stress pour tenter de les concilier, et  nous  chargent de la culpabilité à ne pas y réussir. Thomas d'Ansembourg nous alerte ainsi par ces travers que sont les raccourcis de la pensée positive qui nous enjoignent parfois -  sans considération des complexités et des subtilités sous-jacentes -  que «Tout est bien »  qu'il n'y a jamais de problème et qu'il n'y a que des solutions. Cette pensée positive falsifiée se confond parfois avec « certains courants actuels [ qui ] brassent  des notions tirées les différentes voies et traditions spirituelles de notre planète [... ]  et semblent  proposer un raccourci pour le bonheur intérieur », en le présentant « comme une évidence dont l'accès est immédiat, sans rendre du tout compte des étapes successives que ces mêmes traditions rappellent, et dont sont fait les chemins vers l'éveil » (p.52). Comme le résume Thomas d'Ansembourg , le véritable chemin est un enseignement qui permet de comprendre «  que le bonheur n'est pas [ simplement ] une idée mais une conscience »( page 52).

Tôt fait, le déroulement et le vécu de la vie, nous enseignent  qu'elle n'est pas sans confrontation, sans adversité. Cette réalité peut nous enfermer dans les affects de tristesse ou de colère, qui nous compriment, nous amoindrissent, diminuent notre puissance d'agir dirait Spinoza. Ces états qui nous conduisent à la confrontation ou à la prostration, il est possible aussi de chercher de s’en échapper positivement en développant cette idée que « tout est bien » et qu’il convient de cultiver la gentillesse et l'accueil de toutes choses, selon les principes galvaudées de la pensée positive. Il y a une dérive d'une vision antique postulant que le monde est parfaitement ordonné, alors qu’en réalité  cette vision antique ne niait pas les forces malfaisantes. Dans cette affirmation du «  tout va bien » , certaines tonalités peuvent s'interpréter comme une stratégie de fuite de la réalité, cherchant à masquer  la résignation -  une autre forme d'asservissement. Là se joue  l'écart parfois subtil entre la résignation et le sens véritable de l'acceptation foncièrement stoïcien. Déjà, dans un livre précédent, « Cessez d'être gentils, soyez vrais», Thomas d'Ansembourg avait abordé ce sujet délicat et inconfortable. Dans « Etre heureux pas ce n'est pas nécessairement confortable » - qui en est en quelque sorte la suite -  il poursuit et développe ses analyses. Il nous aide à décrypter comment cette stratégie « bisounours » du « soyez gentil » est truffée de pièges « anti-bonheur ».Parmi ces pièges, le plus puissant lui semble être celui du « faire »  et du « bien faire »  au lieu de chercher à  « être » . Ce piège a beau être bien connu par cette opposition que l'on fait entre « être » et « faire », il n'en demeure pas moins difficile d'en sortir vraiment, comme le hamster est pris dans sa dans sa roue manège dans sa cage. Les injonctions éducatives du « sois gentil » nous enchaînent  à devoir faire toutes sortes de choses dont  le sens nous échappe en réalité. Nous pensons ainsi pouvoir nous intégrer au mieux - voir devoir y réussir -  dans une société qui entraîne tout le monde - ou presque -  dans la course folle effrénées de la Reine Rouge de Lewis Carroll. Cela reste une motivation puissante et finalement relativement confortable. Il n'y a pas de question à se poser - et pourtant.... Les habitudes nous confortent, et en sortir est déstabilisant, inconfortable. Nous perdons nos repères, le rythme, et nous risquons le regard des autres. Nous pouvons être dans la crainte de les décevoir, de les choquer, de perdre leur amour. Il existe aussi une voie plus subtile de passage du « faire » à l’ « être », où sans quitter le « faire », nous pouvons nous abstraire du sentiment de « faire »  pour ressaisir les raisons profondes, le sens du « faire » :  ce que nous avons à faire pour exister, « être ». Il s’agit alors de se connecter aux besoins plus larges qui sont ainsi satisfaits. Ainsi par exemple, faire le ménage quotidien peut nous apparaître comme une tâche désagréable ennuyeuse, sans que cela soit une réalité en soi ou pour tout le monde… Mais cette tâche satisfait peut-être notre besoin d'ordre, de propreté, de reconnaissance, de respectabilité. Cette satisfaction qui peut être rendue présente, consciente dans l'acte même de « faire ».Nous pouvons trouver dans ces considérations une indication que la voie du bonheur peut être dans une ouverture, un élargissement du regard qui permet une conscience plus globale des différentes dimensions de notre vie. Thomas d'Ansembourg identifie d’autres  pièges ou obstacles qui nous empêchent  d'être sur le chemin, d'emprunter le chemin du bonheur : le faire dépendre de l'autre, ne pas savoir dire «  non », ne pas accepter la divergence, la différence, ne pas savoir vivre ses émotions.Ainsi nous pouvons comprendre ce que le Gyalwang Drukpa peut nous enseigner dans son livre lumineux «  Le bonheur est déjà là », et dont il nous livre le résumé dès son introduction« Le bonheur n'est pas un droit, c'est notre nature, notre essence, il est au cœur même de notre être. Si nous voulons être heureux, il ne nous en coûtera rien, car nous avons déjà tout ce qu'il faut pour être heureux ici et maintenant. Mais il se peut que nous rencontrions des obstacles qui s'opposent à notre bonheur. Que nous n'ayons pas compris qu'il a toujours été là, en nous. »Ici les enseignements bouddhistes rejoignent ceux des stoïciens, de Epictète et de son manuel débutant par cette considération  :

«  Parmi les choses, les unes dépendent de nous, les autres n’en dépendent pas. » 

Le Gyalwang Drukpa le dit également avec ces mots :

« C'est avec notre esprit que nous créons notre monde, c'est notre esprit qui est à l'origine de notre bonheur et de notre souffrance »

Comme les stoïciens, il appelle à l'exercice de la volonté nous permettant, non pas de nous couper de nos émotions, mais de ne pas nous y perdre ou  d'en être le simple jouet. La volonté ici, n'est pas un acte pur de la conscience, mais se constitue par l'exercice même, l’ entraînement comme j'en parlais déjà dans « Je veux - de la volonté ».  Voilà qui peut apparaître bien éloigné d'une vue spinosiste de la puissance des émotions qui nous déterminent  jusqu'à néantiser toute idée de volonté. Il faudrait sans doute approfondir pour comprendre comment l'observation-compréhension intuitive du jeu des affects en nous (« un chemin ardu ») qui constitue véritablement l'entraînement du corps-esprit nous ouvre la libération tirée-béatitude pour reprendre les mots de Spinoza ; entendons là le « bonheur »


Ainsi donc le bonheur ne serait pas une chose extérieure qui serait à atteindre au terme d'un parcours semé d’embûches. Et pourtant,  le mot, l'idée même de «  bonheur » nous induit dans une telle perspective erronée. Le Gyalwang Drukpa utilise plutôt l'expression «  d'esprit heureux » pour bien nous signifier combien c'est plutôt un regard sur les choses qui dépend de nous. La voie d'accès, le chemin, est intérieur ; et le parcourir c'est alors s'entraîner, entraîner l'esprit, pratiquer afin de (re)trouver sa véritable « nature », l'essence même de l'esprit. Celle-ci n'est pas tributaire des systèmes d'échange ou des opérations de transactions par lesquelles nous cherchons à gagner notre bonheur. Pour le Gyalwang Drukpa le principal obstacle au bonheur est l'attente du bonheur -  rejoignant aussi ce que pouvait dire Pascal: « Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. »

Atteindre le bonheur, c'est le projeter dans l' espace-temps, comme si le bonheur était quelque part, en une sorte de lieu dont nous serions séparés par le temps. Mais le bonheur n'est pas un lieu, mais une forme de l'esprit qui se déploie dans notre être même. Bien souvent cette forme de l'esprit est obscurcie par le jeu des émotions. Le Gyalwang Drukpa rejoint les principes de la communication consciente et bienveillante de Thomas d’Ansembourg, pointant l'importance de l'observation de ses affects qui nous traversent et nous déterminent  pour comprendre comment ils structurent notre être au monde,  constituent  notre ego, cette forme illusoire de ce que nous sommes véritablement - soit -. L’égo qui saisit toute chose pour se constituer et se fortifier, cherchant continuellement à juguler la peur de sa propre dissolution, apparaît alors comme l'obstacle  premier à trouver l'esprit du bonheur. Bien évidemment, le Gyalwang Drukpa développe tout un chapitre sur la méditation cherchant à transmettre les bienfaits de celle-ci dans cette « quête » du bonheur que nous pouvons avoir. Bien sûr la méditation peut nous aider à mettre l'esprit au repos, à gagner quelques instants de calme dans les turbulences de la vie.  Elle permet de nourrir la lucidité sur la manière dont la vie se déploie en nous, dans notre corps- esprit-tout-en-un. Ainsi, au-delà du calme ressenti le temps même  de la méditation, celle-ci nous ouvre à la nature de l'esprit et nous permet d'atteindre un état de tranquillité - de sérénité de l'âme diraient des stoïciens (ataraxie) dans notre vie même. Cela peut être une définition du bonheur, bien distingue du fait de ressentir joyeusement les effets des plaisirs passagers. Spinoza parlerait de «  Joie-Béatitude ».Le bonheur tel qu'il est ordinairement entendu est la marque de l'imaginaire de l’égo, incessamment affamé et assoiffé de saisir tout ce qui peut combler le sentiment de manque qui affecte son existence illusoire. Le véritable bonheur tient dans l'adéquation du corps-esprit au présent ( aux 2 sens du terme ) de la vie.


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​© 2018 adapté par Thierry Raffin. Créé avec Wix.com

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