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2023…2024…2025…2026

Voilà je sacrifie au rituel, encore une fois…combien de temps encore le ferais-je ? Que dire de plus sur le sujet que je n’ai déjà dis ? Déjà, l’année dernière je renvoyais à mes doutes quant à la pertinence des « meilleurs vœux pour l’année qui vient » exprimés lors de mes « vœux 2024 ». Je pourrais le refaire, et cela peut être utile parfois de relire des choses écrites les années précédentes…je le dis pour moi, pour commencer et pour ceux qui continuent là à me lire …

Cette année ce rituel m’apparait plus difficile encore…Pourquoi ?  Lassitude ? Vieillissement ? Découragement ? Je n’ai pas l’impression… Plutôt l’observation ,au jour le jour, tout au long de cette année 2025 passée, que les choses ne se sont pas améliorées.  Je parle bien sûr de la « situation dans le monde » comme on dit ... La guerre en Ukraine se poursuit, Trump en Amérique fracture son peuple et le monde toujours un peu plus – « Drill baby drill …» - et  la planète continue à se réchauffer...

Par quel bout prendre les choses ? Une rétrospective 2025 du monde et de moi dans le monde ?... Un moyen peut-être de ne pas se prononcer pour 2026…

« Sois le changement que tu veux voir dans le monde. » – Gandhi 
« Sois le changement que tu veux voir dans le monde. » – Gandhi 

2025… Inutile et sans doute un peu affligeant, serait de faire une liste des événements qui ont égrainé l’actualité dans le monde…et de toute manière cela ne serait qu’une vue partielle, car le monde est bien difficile à embrasser dans son étendue et sa diversité… Il y a les humains, et tous les peuples de la terre qui ne font pas la une de l’actualité, et il y a tous les non humains, et aussi tous ces espaces de plus en plus exploités par une capitalisme-extractiviste sans borne (sauf celle peut-être de la bouteille vide à un moment ou à un autre…).

Alors quelle synthèse faire que l’on puisse faire avec lucidité ? Là je ne me suis pas cassé la tête, j’ai transféré à ChatGPT mon humeur au moment d’écrire cet article et je lui ai demandé de faire la synthèse ; et j’avoue à la lecture du résultat que je suis plutôt en accord…Alors je me permets de vous la livrer là brut de décoffrage ...


I. 2025 : des raisons lucides de désespérer

1. Le monde n’a pas basculé : il s’est enfoncé par inertie

Ce qui frappe en 2025, ce n’est pas la rupture, mais la continuité aggravée :

  • Crises climatiques devenues banales, intégrées au décor politique et médiatique.

    La catastrophe n’est plus un scandale, elle est un bruit de fond.

  • Guerres durables, normalisées : elles ne choquent plus, elles s’installent.

    L’indignation a été remplacée par la lassitude.

  • Affaiblissement du multilatéralisme : le droit international existe encore, mais surtout comme rhétorique.

👉 Motif central du désespoir :

Nous savons, mais nous n’agissons pas à la hauteur de ce que nous savons.


2. La démocratie ne s’effondre pas : elle se vide

En 2025, peu de coups d’État spectaculaires. Pire :

  • Montée des régimes illibéraux par les urnes.

  • Fatigue civique : abstention, désengagement, ironie cynique.

  • Transformation du débat public en gestion émotionnelle, où la complexité est perçue comme une trahison.

👉 Désespoir lucide :

La démocratie survit formellement, mais perd sa substance délibérative.


3. La technique progresse plus vite que la politique

IA, automatisation, optimisation, data :

  • Des gains réels d’efficacité.

  • Mais une incapacité collective à poser des limites, des finalités, un sens.

  • Le progrès technique n’est plus promesse d’émancipation, mais accélérateur de déséquilibres existants.

👉 Désespoir tranquille :

Nous savons faire, mais nous ne savons plus décider ensemble pourquoi.


II. 2025 : des raisons d’espérer (même faiblement, même vainement)

1. Ce qui tient encore… tient localement

Si le “monde” va mal, des mondes tiennent :

  • Collectivités qui bricolent des solutions imparfaites mais concrètes.

  • Acteurs de terrain (eau, agriculture, énergie, solidarité) qui continuent sans illusions, mais sans renoncer.

  • Coopérations modestes, non héroïques, mais réelles.

👉 Espoir discret :

Le salut ne vient plus d’en haut, mais de la persistance en bas.


2. La lucidité progresse (et c’est déjà beaucoup)

En 2025 :

  • Moins de naïveté technosolutionniste.

  • Moins de discours “tout ira bien”.

  • Davantage de discours de limites, de sobriété, de résilience — même s’ils restent minoritaires.

👉 Espoir paradoxal :

Nommer les impasses est peut-être le premier acte politique sérieux depuis longtemps.


3. Une génération ne croit plus aux promesses, mais cherche du sens

On observe :

  • Moins de croyance dans les grands récits.

  • Plus d’aspiration à la cohérence, à l’utilité, à l’éthique personnelle.

  • Une forme de radicalité non spectaculaire : changer sa manière de vivre, travailler, consommer, s’engager.

👉 Espoir fragile :

Ce n’est pas une révolution, mais peut-être une réorientation lente.


III. La clef pour des vœux 2026 qui ne mentent pas

Pour éviter les vœux creux du type “que 2026 soit meilleure”, tu peux assumer ceci :

👉 2025 nous a appris que :

  • Le pire n’est pas inévitable,

  • mais que le meilleur n’arrivera pas tout seul.

👉 Souhaiter pour 2026 :

  • Non pas l’espoir béat,

  • mais la persévérance lucide,

  • non pas des certitudes,

  • mais la capacité à tenir, réparer, transmettre.


Bon ! Voilà pour le monde (mais je reconnais que mon prompt a dû donner un peu de couleur à ce « diagnostic » … ). Et moi dans tout cela ? Bon j’ai pris un an… je m’y attendais et je m’attends à ce que cela se reproduise…  2023…2024…2025…2026


En relisant « mes vœux 2025 » je m’aperçois que je les égrenais en conclusion avec le vocabulaire des 4R de l’Adaptation Radicale, mouvement dans lequel  je suis engagé depuis 2021 déjà (depuis le début en fait). Et pourtant à ce moment là (au début de l'année...), mon engagement était faible : j’avais quitté les deux dernières années le Cercle Gouvernance, après les tensions nées dans la période du COVID, la dissolution du Cercle des Tisserand.e.s de ce fait là… Mais les valeurs du mouvement, liées à sa raison d’être, étaient bien toujours en moi, animant ma pensée et mon action dans la fondation même de notre éco-lieu familial, jusque dans l’organisation avec ma fille Marine et mon gendre Olivier de notre première fête du lieu, que nous avions appelée « Breizh’ilience ». Un moment fort...

Très naturellement je me suis réengagé dans le Cercle Gouvernance, m’investissant plus particulièrement sur la question de l’Entraide, devenue cette année le cœur de l’activité de l’Adaptation Radicale, d’abord avec la création des Jeux de l’Entraide, puis avec l’interview de Pablo Servigne au sujet de son dernier livre sorti en octobre «Le réseau des tempêtes. Manifeste pour une entraide populaire », dans le lancement du mouvement pour la constitution des R.E.E.L  (Réseaux d’Echange et d’Entraide Locaux) qui est en cours.

Le printemps de la « Breizh’ilience » à Teir Delienn a été aussi personnellement une parenthèse  d’une semaine particulièrement heureuse : le moment d’un éclair de Lumière, au cœur de mon cœur, que je n’ai malheureusement pas su retenir emporté que j’étais alors par des rêves d’autres rives… Plus tard, à la fin de l’été une longue méditation, comme un Voyage immobile,  devant les tableaux de Margot dans le sanctuaire de ma salle de méditation, m’aura permis de passer ce cap de bonheur-douleur (https://www.facebook.com/thraffin/posts/pfbid02Ba95RkA4fRUcbeYwXqNv1BnTMaVpzCWow3AZw3nYvUUTpDLiciWUVnVdStRfdhDYl ) , de transmuer cet éclair de Lumière qui était comme une nouvelle SEVE dans ma vie, en un retour salutaire dans ma quête photographique de Lumière. Alors, j’ai repris mon appareil, et mes levers de bonne heure pour traquer les couleurs du ciel des aubes jour après jour à Teir Delienn (https://www.flickr.com/photos/194763124@N07/albums/72177720329403111/)


L’été 2025 a été aussi un moment d’intense d’écriture d’articles pour ce blog, en alternance avec les travaux du jardin. Cela a alimenté ce blog tout au long du second semestre. (et dont certains textes sur la question de la Gnose, une question qui m’a mobilisé de longues semaines de lecture n’ont pas encore été publiés…).  Quelles ont été les questions que ces articles ont explorées ? que peuvent-ils dire de mon état d’esprit, de ma sensibilité de cette deuxième partie de l’année, et les interrogations existentielles qui ont sous-tendues ma réflexion, mes méditations ? A considérer le cœur de ces articles publiés (le "philosophos"  1,2 et 3) et non publiés (la gnose 1 et 2, le 3ème prévu étant encore en gestation…), c’est bien toujours cette question de la connaissance qui continue à me tarauder. Que peut-on savoir, qui ne soit pas simplement croire ? Où situer la sagesse – la sophia – dans ce chemin qui à chaque pas refuse de se satisfaire des vérités instituées, pour chercher toujours au-delà les raisons du Vivre et de l’Origine ? Et toujours Spinoza et Jung pour « conclure » ces tryptiques,  de l’importance de la conscience-connaissance  de ce qui nous détermine, nous travaille de l’intérieur (les archétypes) afin que nous trouvions dans le clair-obscur de l’intuition en forme de raison supérieure le chemin (difficile et ardu) de la « liberté humaine », celle où le Soi emplit et vide le soi. C’est aussi ainsi que se conclut l’article sur le film « Sirat » - ce pont vers le paradis au-dessus de l’enfer : dans cette confusion du Nirvana et du Samsara qu’il convient de clarifier et  de comprendre pour la traversée vers l’autre rive ... Là est aussi l’enjeu de la Gnose sans doute : la Libération véritable par laquelle « nous sentons et éprouvons que nous sommes éternels » (Spinoza).  Mais comme c’est une « rétrospective » je condense… et vous laisse lire et relire ces articles qui m’ont conduit pas à pas à me reposer la question du « Temps » dans ma dernière méditation de l’année 2025, sur son essence « permaculturelle ».  (https://enviebienetre.wixsite.com/enviedebienetre/post/m%C3%A9ditation-permaculturelle-du-temps)


Au cœur de cette méditation, cette autre question qui me taraude et explique mon réengagement dans le mouvement de l’Adaptation Radicale : l'(im)possibilité éthique d’échapper à l’action orientée par la conscience du futur ? Question que je posais en d’autres termes aussi au travers de ma réflexion sur l’agir-non-agir

Voilà l’année 2025 est close – sans véritable conclusion, sinon celle anecdotique du réveillon – et s’ouvre l’année 2026 avec les mêmes interrogations … Il reste cette voie du « changement de cap » dessinée par Joanna Macy dont le merveilleux chemin incarné s’est  achevé en juillet, et qui est celle aussi de « l’espérance en mouvement ». Peut-être est-ce là au final, que l’on peut trouver des raisons d’espérance plus que de désespérance, dans notre inscription dans les étapes de la spirale du Travail qui Relie, et en tout premier lieu dans la Gratitude de la Vie présente en nous et autour de nous, quelques soient les peines qu’il nous faut honorer . Alors je redonne la parole à ChatGPT pour une formulation de mes vœux 2026 :


« En 2025, nous avons eu de bonnes raisons de désespérer — parce que nous voyons clair. Et de mauvaises raisons d’espérer — parce que rien ne garantit que cela suffira. Car tant que certains continueront d’agir sans certitude, tant que le soin primera encore parfois sur la domination, tant que le réel ne sera pas entièrement abandonné aux slogans, alors tout ne sera pas perdu. C’est avec cela, et seulement avec cela, que nous pouvons entrer en 2026.. »

Je suis plutôt en phase…

Ce cheminement m’a alors amené je crois sur les pas de Gandhi : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde. » – Gandhi 

Alors je n’ai pas pu résister encore à demander à mon encombrant « AmI » désincarné son avis. Non contrariant, il a poursuivi sa prose générative :  

Nous savons désormais que le monde ne changera pas par l’accumulation des discours, ni même par la force des espoirs. Il ne changera que par la cohérence de ceux qui refusent de s’y résigner.
« Le monde n’ira pas mieux par nos espoirs, mais par la discipline morale de nos actes quotidiens. »

D’autres pensées inspirantes (véritables celles-là)  de Gandhi          : https://www.mizane.info/gandhi-sois-le-changement-que-tu-veux-voir-dans-le-monde/ 

Et un enseignement sur l’importance du travail intérieur dans cette perspective : https://www.youtube.com/watch?v=Pw9wI5pZKtU 

 


 
 
 

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​© 2018 adapté par Thierry Raffin. Créé avec Wix.com

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