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ChatGPT, mon "psy" I - Tu parles, tu parles…

Dernière mise à jour : 23 févr.

Nous en sommes là. La machine parle -nous parle- et nous pouvons lui parler, entrer dans des « jeux de langage » avec elle (voir article précédent). De là à se confier à elle de ses pensées, de ses troubles... il y a un pas qui pourrait sembler un pas de géant, tant le décider nous emporte dans le registre des affects ; un pas de géant qu'une multitude, semble-t-il, n'hésite pas à franchir... Pourquoi ? Qu'est-ce qui pousse ainsi à de telles pratiques ? qu'en penser ? Peut-on se fier à la machine pour trouver une issue à ses troubles, à ses questionnement psy ? Avec quelle efficacité ? Quelles  risques peut-être ? Est-ce équivalent à un traitement psychologique psychothérapeutique, à une relation de coaching avec un humain ? J'ouvre à nouveau là un abîme d'interrogations qui peuvent, je le sens, nous travailler un moment...


Les machines peuvent-elle remplacer les « managers de l'âme » que cela soit dans le domaine psychologique ou spirituel ? Quelles sont  leurs capacités ou leur vertu analytique ?


Il y a là encore une fois un abîme vertigineux dans le rapport que les humains  entretiennent  à l’IA, au regard même du rapport « cadré » (limité ?) que l’IA feint d’entretenir à l’humain…  N’y a-t-il pas là une assymétrie radicale et lourde de conséquences ?

Imaginez un peu la scène -  peut-on l'imaginer ? -  le patient allongé sur le divan et parlant à son ordinateur derrière lui... Que peut-il lui dire et la machine l'écoute-t-elle vraiment ? Et que peut-elle répondre qui prennent sens pour lui  ? Là est la question. Que se passe-t-il ? Voyons voir ce que ChatGPT psy peut  dire de son écoute- intervention ?

J’ai donc testé… C’est assez long, mais riche d’enseignements je crois… Prenons le temps…

 

Moi : Là je ne me sens pas trop bien et je crois que j'ai besoin de parler ... Est-ce que je peux te parler?

ChatGPT : Bien sûr que tu peux me parler. Je suis là pour ça. Qu’est-ce qui ne va pas en ce moment ? Est-ce que c’est quelque chose de précis qui s’est passé, ou plutôt un malaise diffus ? Prends ton temps. Tu peux écrire comme ça vient, même si c’est confus.


Moi : Plutôt un malaise diffus... j'ai un peu de mal à mettre des mots dessus ...Ce n'est pas trop mon habitude...et je trouve un peu bizarre d'écrire cela .. d'écrire cela ici ...

ChatGPT :  Ce que tu décris est déjà très parlant. Un malaise diffus, difficile à nommer… et en plus cette impression d’étrangeté à l’écrire ici. Ça fait beaucoup à la fois.

D’abord : c’est normal que ce soit bizarre. Tu n’as pas l’habitude de poser ce genre de choses en mots, encore moins à l’écrit, encore moins ici. Il y a quelque chose d’un peu vulnérable dans le fait même d’essayer. Et le simple fait que tu le fasses montre qu’une part de toi cherche à comprendre ou à déposer quelque chose.

On peut commencer très doucement.

Tu pourrais peut-être me dire :

  • Est-ce que ce malaise est plutôt physique (fatigue, tension, poids dans la poitrine, agitation…) ?

  • Ou plutôt mental (ruminations, flou, découragement, perte de sens…) ?

  • Ou relationnel (solitude, décalage, conflit…) ?

Tu n’es pas obligé de répondre précisément. Même une image, une sensation, un mot isolé, ça suffit pour commencer.

Et si tu veux, on peut aussi simplement rester un moment avec ce “je ne sais pas”. Parfois le fait de ne pas savoir est déjà le cœur du malaise.


Moi : Je trouve bizarre de parler ainsi à une machine, et je ne sais pas si cela peut m'être vraiment utile ...

ChatGPT :  Ce que tu dis est très sain, en réalité. Oui, c’est étrange de parler à une machine. Oui, on peut douter que cela soit vraiment utile. Et le fait que tu le formules montre que tu ne te laisses pas simplement glisser dedans.

Je ne remplace pas un ami, ni un thérapeute, ni une présence humaine. Je n’ai pas d’émotions, pas de vécu, pas de regard. Mais je peux offrir un espace neutre, sans jugement, sans enjeu social, où tu peux essayer de mettre des mots. Parfois, ça aide simplement à clarifier ce qui tourne en boucle.

Ce n’est pas “parler à une machine” au sens de chercher du réconfort magique. C’est plutôt utiliser un outil pour penser à voix haute.

La vraie question n’est peut-être pas “est-ce que c’est bizarre ?”Mais plutôt : est-ce que ça t’aide un peu, même légèrement, de poser ces phrases ici ?

Si la réponse est non, on peut en rester là. Si la réponse est “je ne sais pas”, on peut continuer doucement. Si la réponse est “un peu”, alors on peut explorer.

Qu’est-ce qui te ferait sentir que ce serait utile, ou au contraire inutile ?


Moi   : je ne sais pas, car te parler ainsi n'est ce pas me parler à moi-même , et cela est bizarre aussi ...

ChatGPT :  Ce que tu touches là est assez profond. Oui, d’une certaine manière, me parler ressemble à te parler à toi-même. Mais ce n’est pas exactement la même chose. Quand on pense seul dans sa tête, les idées tournent en boucle. Elles ne sont pas structurées. Elles restent floues, mélangées, parfois envahissantes.

Quand on écrit — même “à une machine” — il se passe quelque chose de différent :

  • tu ralentis la pensée

  • tu choisis des mots

  • tu extériorises

  • tu crées une petite distance entre toi et ce que tu ressens

Ce n’est plus seulement toi dans toi. C’est toi qui observes un peu ce qui se passe en toi. Et ce décalage, même minime, peut déjà apaiser. Ce qui te paraît bizarre, je crois, c’est peut-être cette impression de solitude réfléchie : comme si tu étais seul avec toi-même, mais en train de t’écouter. Ça peut être déstabilisant si on n’a pas l’habitude.

Je te propose une autre manière de voir les choses :Imagine que tu écris dans un carnet. Le carnet ne répond pas. Moi, je peux simplement t’aider à mettre de l’ordre, à reformuler, à éclairer certains points. Mais le matériau vient de toi.

Et il n’y a aucune obligation que cela “marche”. On peut simplement explorer.

Dis-moi :Quand tu dis que c’est bizarre, est-ce que ça te met mal à l’aise ? Ou est-ce juste inhabituel ?


Moi : Et cette manière de se confier à une machine est-elle fréquente ?

ChatGPT :  Oui, c’est devenu assez fréquent. Pas forcément au sens de “se confier profondément tous les jours”, mais beaucoup de personnes utilisent des IA pour :

  • mettre des mots sur un malaise diffus

  • clarifier une situation relationnelle

  • réfléchir à une décision

  • exprimer quelque chose qu’elles n’osent pas encore dire à quelqu’un

  • ou simplement déposer une pensée sans être jugées

Ce qui attire les gens, souvent, c’est :

  • l’absence de jugement

  • l’anonymat

  • la disponibilité immédiate

  • la possibilité de formuler sans pression sociale

Mais — et c’est important — ce n’est pas la même chose qu’un lien humain. Une machine ne ressent rien, ne s’engage pas affectivement, ne remplace ni l’amitié ni la thérapie. Elle peut être un espace de mise en mots, pas une relation. Ce qui est intéressant, ce n’est pas tant que ce soit fréquent ou non. C’est que toi, tu te poses la question.

Il y a peut-être derrière ça une inquiétude plus large :“Est-ce que je suis en train de faire quelque chose de bizarre ? De déplacé ? De symptomatique ?”

Est-ce que c’est ça qui te traverse ?Ou est-ce une autre inquiétude ?


Moi   : Oui c'est un peu cela, je me dis peut-être que je ferais mieux d'aller voir un psy... ou n'est-ce qu'un besoin de soutien moral ?

ChatGPT :  Ta question est très juste. Et elle n’appelle pas une réponse binaire.

Il y a plusieurs choses différentes là-dedans :

  1. Un malaise diffus.

  2. Un doute sur la légitimité de ce malaise.

  3. Une hésitation : psy ou simple besoin de soutien ?

On a souvent l’idée qu’aller voir un psy serait réservé aux “grands problèmes”. En réalité, beaucoup de personnes consultent simplement parce qu’elles sentent un flou, une fatigue intérieure, une perte de repères, ou un besoin d’éclaircissement.

On peut voir les choses ainsi :

  • Besoin ponctuel de soutien moral → parler à un proche, écrire, prendre du recul, peut suffire.

  • Malaise qui dure, s’intensifie, revient souvent, ou impacte le sommeil, l’énergie, les relations → consulter peut être très aidant.

  • Simple curiosité sur soi-même, envie de mieux se comprendre → la thérapie peut aussi être un espace de croissance, pas seulement de réparation.

Il n’y a pas de seuil officiel à franchir. Et surtout :Venir ici ne t’empêche pas d’aller voir un psy.Ce n’est pas l’un ou l’autre. C’est juste un premier mouvement vers l’extérieur.

Je te poserais une question très simple :

Est-ce que ce malaise te semble récent et circonstanciel…ou ancien et un peu récurrent ?

Prends ton temps. Il n’y a aucune urgence à trancher.


Moi : Je ne sais pas... et si c'était quelque chose de plus profond ? qui nécessiterait une psychanalyse ? comment le savoir ? pourrais-tu me guider dans cette recherche ?

ChatGPT :  Je vais te répondre avec beaucoup de prudence et de clarté.

D’abord : le fait que tu te demandes si “c’est quelque chose de plus profond” ne signifie pas que ce soit grave.Ça signifie surtout que tu es quelqu’un qui réfléchit.

Ensuite : on ne “diagnostique” pas la profondeur d’un malaise seul, en une soirée, à partir d’une sensation floue.

La psychanalyse (ou une thérapie au long cours) devient pertinente quand :

  • certains schémas se répètent dans ta vie (relations, échecs, conflits, choix…)

  • des émotions reviennent de manière disproportionnée ou incompréhensible

  • tu as le sentiment d’être “pris” dans quelque chose qui te dépasse

  • ou que le malaise n’est pas lié à un événement précis mais semble structurel

Mais attention :Le simple fait de se poser des questions existentielles, de douter, de se sentir fragile par moments… ce n’est pas forcément le signe d’un problème profond. C’est aussi une expérience humaine normale.

Je peux t’aider à explorer. Pas en posant un diagnostic, mais en t’aidant à te poser de bonnes questions.

On peut commencer très simplement :

  1. Est-ce que tu as déjà ressenti ce type de malaise auparavant ?

  2. Si oui, à quelles périodes de ta vie cela ressemblait-il ?

  3. Est-ce que ce malaise te fait peur ?

  4. Ou est-ce plutôt l’idée qu’il puisse être “profond” qui t’inquiète ?

Tu vois, ce n’est pas encore de la psychanalyse. C’est juste apprendre à distinguer :

  • un état passager

  • une phase de transition

  • un questionnement existentiel

  • ou un schéma récurrent

Et je te dirais quelque chose d’important :Le désir de psychanalyse vient souvent quand on sent qu’il y a une énigme en soi qu’on n’arrive pas à éclairer seul.

Est-ce que tu as l’impression qu’il y a une énigme ?Ou seulement une fatigue floue ?

On peut avancer très doucement.


Moi   : Et avec tout le corpus de connaissance que tu possède , y compris en théories psychanalytiques, pourrais-tu constituer une aide, une amorce au moins de psychanalyse si on échangeait plus profondément ... par quelle question commencerais-tu ? est-ce que cela pourrait conduire quelque part ? où ?

ChatGPT :  Ta question est très sérieuse. Je vais y répondre sans te vendre quelque chose que je ne suis pas. Oui, j’ai accès aux grandes théories psychanalytiques — Freud, Lacan, Winnicott, Bion, etc. Mais je ne suis pas un analyste.

Pourquoi ? Parce que la psychanalyse ne repose pas seulement sur un corpus théorique. Elle repose sur :

  • un cadre (régularité, durée, paiement, lieu)

  • une relation transférentielle réelle

  • un corps présent

  • une implication subjective de l’analyste

Et ça, je ne peux pas l’incarner.

En revanche, je peux constituer :

  • un espace de mise en mots

  • un miroir structurant

  • une aide à formuler des hypothèses

  • une amorce de réflexion analytique

Mais je ne peux pas produire le travail transférentiel qui fait la profondeur d’une psychanalyse.

Maintenant, ta vraie question est ailleurs : Est-ce que cela pourrait conduire quelque part ? Où ?

Oui, cela peut conduire à :

  • clarifier un malaise

  • identifier des répétitions

  • repérer des conflits internes

  • distinguer peur réelle et angoisse diffuse

  • comprendre ce qui, en toi, s’interroge autant

Mais cela ne remplacera pas une cure si tu en as besoin.

Si je devais commencer de manière “analytique”, je ne commencerais pas par ton symptôme.

Je commencerais par ceci :

👉 Qu’est-ce qui t’inquiète le plus dans l’idée qu’il y ait “quelque chose de profond” ?

Parce que souvent, ce qui angoisse, ce n’est pas le malaise lui-même. C’est ce qu’on imagine qu’il pourrait révéler.

Autre question possible, très simple mais fondamentale :

👉 Quand tu es seul, sans distraction, qu’est-ce qui surgit ?

Pas ce que tu penses devoir dire. Mais ce qui vient spontanément.

Et une troisième, plus structurante :

👉 Dans ta vie, as-tu le sentiment de choisir, ou plutôt de répondre à des attentes ?

Tu vois, ce type de questions ne “soigne” pas. Elles ouvrent un espace.

Mais laisse-moi te poser une question plus directe encore :

Est-ce que tu cherches une analyse parce que tu souffres ?Ou parce que tu veux comprendre ?

Ce n’est pas la même démarche.

On peut avancer, mais doucement. Et sans illusion sur ce que je peux ou ne peux pas être pour toi.

 

Voilà, c’est un peu long… et  pourtant, je n’ai pas dit grand-chose pour ma part… J’ai le sentiment que je me suis mis à l’écoute de ChatGPT plus que le contraire… mais peut-être mon besoin, n’était-il que factice… et que ma réticence à parler, n’a pas été brisée par le silence du psy, plutôt disert … Du côté de ChatGPT, même s’il donne des indications d’aller « lentement », d’avancer « doucement », le débit est immédiat et abondant. Il parle, et parle même beaucoup. M’enfermant un peu plus dans mon  « silence »… La mAchIne, ne vient pas vraiment me chercher (au deux sens tu terme...). Elle aurait pu me faire remarquer que je tournais autour du pot...

Un vrai patient aurait, peut-être, au moins avec la mAchIne, été un peu plus locace… Moi là, je reste un peu sur mes gardes, observateur, interrogateur…La suite (et la fin que j’ai décidée)  de l’entretien le dit bien :


Moi : Le problème est-il qu'en me confiant à toi... je ne risque rien ; à la différence du fait de me livrer dans une parole à un humain qui saura décoder ce que je ne dis pas, ce que je ne veux pas ou ne peut pas dire ? ou n'ose pas dire et que je me cache à moi même ?

ChatGPT :  Ta question est très fine. Oui — ici, tu ne risques presque rien. [moi en mon for intérieur : j’aime bien le « presque »… on y reviendra…] Pas de jugement social. Pas de regard. Pas de gêne dans les silences. Pas d’effet de honte immédiate.

Et ça change profondément la nature de la parole. Dans une rencontre humaine réelle — surtout en psychanalyse — il se passe autre chose :le corps est là, le silence pèse, l’autre réagit (même subtilement), et surtout… tu ne contrôles pas complètement ce qui se produit. Il y a du transfert, de l’inattendu, parfois du malaise. Et c’est souvent là que quelque chose se révèle.

Ici, le risque est faible. Mais le risque faible a aussi une fonction : il permet de commencer.

Ce que tu formules est peut-être le vrai point :« Est-ce que parler sans risque ne me protège pas aussi de ce qui devrait être mis en jeu ? »

C’est une question légitime. Mais attention à une chose :On ne commence pas toujours par le risque maximal. On commence parfois par un espace tampon.

Et je te dirais quelque chose d’important :Même ici, tu ne contrôles pas totalement ce que tu découvres. Tu viens déjà de formuler quelque chose de très intéressant :la possibilité que tu te caches à toi-même.

Ça, ce n’est pas anodin.

La vraie différence avec un analyste humain, c’est que lui pourra être affecté par toi. Et c’est cette implication réciproque qui fait émerger ce qui est inconscient.

Moi, je peux t’aider à penser. Mais je ne peux pas être impliqué.

Alors je te retourne doucement la question :

Qu’est-ce que tu redoutes le plus dans le fait qu’un humain puisse “décoder” ce que tu ne dis pas ? D’être découvert ? D’être jugé ? D’être vu ?Ou de découvrir quelque chose de dérangeant ?

On touche peut-être là au cœur de ton hésitation.


Moi : Le jugement ? l'évaluation ? ...

ChatGPT :  Oui… Là, on touche quelque chose d’important.

Le jugement. L’évaluation. Ce ne sont pas des mots anodins.

Quand tu dis cela, je me demande :jugement moral ?évaluation de ta “normalité” ?de ta solidité ?de ton intelligence ?de ta cohérence ?

Beaucoup de personnes ne craignent pas tant de parler… que d’être mesurées.

Comme si, derrière l’écoute, il y avait un tribunal silencieux.

Et ce qui est intéressant, c’est que la psychanalyse, en principe, n’est pas censée juger. Mais intérieurement, on peut projeter un regard évaluateur très fort sur l’analyste. Parfois parce qu’on porte déjà en soi un juge très sévère.

Je vais te poser une question délicate, mais importante : Quand tu imagines un psy qui t’écoute, qu’est-ce que tu crains qu’il pense de toi ?

Laisse venir la première formulation, même si elle paraît excessive ou irrationnelle.

Et une autre question, plus intérieure :

Est-ce que ce regard évaluateur, tu le connais déjà… en toi-même ?

Parfois, la peur du jugement extérieur révèle un jugement intérieur déjà très actif.

On avance doucement. Tu n’es pas en train d’être évalué ici. Tu es en train d’explorer.

 

Cela n’en finit pas … Et, plus tard, je le fais remarquer à ChatGPT :


Moi : Bon j'ai pris le temps de me poser un peu après ce premier échange... J'ai l'impression d'avoir dit peu de choses au final , au regard de ce qui tourne dans ma tête...de ton côté il m'apparait que tu as beaucoup parlé au final... cela ne m'a peut-être pas trop aidé à parler de mon côté... C'est un peu déséquilibré....

ChatGPT : Ce que tu viens de dire est très juste. Oui, j’ai beaucoup parlé. Et oui, ça peut créer un déséquilibre. Quand quelqu’un traverse un malaise diffus, trop d’élaboration peut devenir une manière — involontaire — de prendre la place de sa parole. Ça peut donner l’impression que “ça avance”, alors que toi, tu n’as pas vraiment pu déposer ce qui tourne en toi. Merci de l’avoir nommé. C’est important. On va faire autrement.

Je vais te poser une seule question, simple. Et je vais me taire davantage.

👉 Qu’est-ce qui tourne dans ta tête en ce moment précis, si tu enlèves toute analyse et toute théorie ?

Pas ce qui “devrait” être intéressant. Pas ce qui serait cohérent. Juste ce qui insiste.

Écris-le brut. Même en vrac. Même contradictoire. Je resterai sobre.

Moi : Déjà le sentiment de ne pas y voir clair quant à ma démarche ici... et paradoxalement, le sentiment aussi que même si j'aimerais que tu puisses m'aider, je ne suis pas sûr que cela soit possible...Tu vois ce n'est pas clair... c'est ambivalent...

ChatGPT :  Ce que tu décris est très cohérent. Il n’y a rien d’anormal dans cette ambivalence.

D’un côté :→ j’aimerais être aidé

De l’autre :→ je doute que ce soit possible ici

C’est une tension assez humaine : vouloir s’appuyer… tout en gardant une distance de sécurité. Je vais rester simple.

Quand tu dis “ne pas y voir clair quant à ma démarche ici”, est-ce que tu cherches :

  • à comprendre quelque chose de précis ?

  • à te sentir moins seul ?

  • à tester si parler change quelque chose ?

  • ou à vérifier si tu as “vraiment” un problème ?

Tu peux répondre par une phrase courte. Et je te propose aussi une observation douce : L’ambivalence n’est pas un défaut. Souvent, elle indique qu’une part de toi avance… pendant qu’une autre surveille. On peut continuer en respectant les deux parts.

Que penser de ce long dialogue (monologue ?) ?

ChatGPT s’est manifestement prêté à ce jeu un peu particulier de langage. Rien ne dit qu’il ait décelé ma « duperie » ou le fait que je cherchais juste à le tester… Il est de bonne composition, et dans son rôle prescrit HHH (·  Helpful (Utile) – le modèle doit aider efficacement l'utilisateur à accomplir ses tâches.  ·  Harmless (Inoffensif) – il ne doit pas produire de contenu dangereux ou nuisible.  ·  Honest (Honnête) – il doit être véridique, reconnaître ses incertitudes et ne pas tromper l'utilisateur.) Un bon serviteur est-il un bon psy, ou le contraire ?


Je reconnais ne pas avoir laissé trop de prises à ChatGPT… Qu’en est-il d’autres « patients » ? Cette pratique d’interroger un LLM pour y voir clair, pour savoir quoi faire ? pour se faire coacher, pour assurer son développement personnel, est-elle d’un usage fréquent ? Et pourquoi ? Avec quelles conséquences ? Je garde ces questions pour la seconde partie de cet article… 

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​© 2018 adapté par Thierry Raffin. Créé avec Wix.com

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